Pour la journée des droits de l'enfant

  • Le 18/11/2020
  • 3 commentaires

Pour la journée des droits de l'enfant, le 20 novembre, je vous partage une histoire que j'ai écrite à destination des enfants d'élémentaire pour aborder le sujet de la maltraitance.

Si cette histoire vous plaît, si vous l'utilisez en classe, pensez à me mettre un petit commentaire (ça pourra me servir dans mes recherches d'éditeur). Je peux aussi vous l'envoyer en pdf si vous voulez.

Un grand merci à Missody, mon illustratrice :)

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Le Petit Poucet, vous le connaissez ?

C’est ce petit garçon de contes de fées qui a des parents prêts à abandonner leurs enfants dans la forêt pour avoir plus de nourriture et qui a la bonne idée de semer des petits cailloux pour pouvoir ensuite retrouver son chemin.

Moi, je m’appelle Chloé, je suis une vraie maîtresse d’école et un jour, dans ma classe, j’ai vu arriver le Petit Poucet ! Ou presque… C’était un petit garçon qui lui ressemblait beaucoup, beaucoup.

Mon Petit Poucet s’appelait Mickaël.

C’était un petit garçon très gentil et très intelligent, qui avait envie d’apprendre à lire, à écrire, à compter, à découvrir le monde, à devenir un élève et surtout, un grand.

Et, comme le Petit Poucet, Mickaël avait des parents un peu particuliers.

Je le sais parce que Mickaël aimait bien parler de chez lui, de son papa qui se fâchait très fort, de sa maman qui oubliait parfois de s’occuper de lui et de l’amener à l’école ou chez le docteur, des coups qu’il recevait sans savoir pourquoi, …

Ce petit garçon, presque sorti d’un conte de fées, adorait laisser ses affaires un peu partout.

Chaque jour, on pouvait refaire le chemin de Mickaël dans l’école : un bonnet par ci, un stylo par là, un tour de cou, un gant, une colle, une gomme, un crayon, …

Ah ! Aujourd’hui Mickaël est allé à la bibliothèque, il y a son gilet. A la récréation, il a joué à la marelle, on y trouve ses gants. Et puis dans la classe, il a fait de la lecture et des mathématiques, son livre et son équerre sont encore sur la table !

Et pourtant Mickaël n’était pas tête en l’air, il n’oubliait pas ses affaires comme le font les petits étourdis des écoles, lui il les semait pour laisser une petite trace de son passage comme d’autres enverraient des appels à l’aide.

C’est difficile de faire entendre sa petite voix d’enfant triste alors chacun essaie à sa façon : certains enfants pleurent beaucoup, d’autres font des colères, d’autres s’enferment dans le silence. Mickaël lui, laissait des affaires sur son chemin, pour qu’on ne l’oublie pas et qu’on pense à venir écouter son message.

Ce message était en fait très simple. Mickaël voulait qu’on le regarde, qu’on l’écoute, qu’on le rassure et, surtout, qu’on l’aime.

Il avait besoin qu’on l’accompagne dans la vraie vie pour qu’il puisse vivre des petits bonheurs d’enfant.

Il avait besoin qu’on lui explique que les adultes, parfois, ils se trompent, ils font de grosses bêtises, ils sont violents, même quand ils aiment leurs enfants.

Il avait besoin qu’on le protège.

Pour Mickaël, l’école était comme une petite clairière dans sa forêt ; une clairière remplie de lumières. C’était l’endroit où il était protégé de la maison, où il était entouré d’autres enfants avec qui jouer et rigoler, où il y avait des adultes présents pour le faire grandir.

Il avait si bien compris cela mon Petit Poucet qu’il a fait tout ce qu’il fallait. Il a pris de l’école tout ce qu’elle pouvait lui donner et pendant quelques heures chaque jour il s’émerveillait, il apprenait, il observait et il semait.

J’ai suivi les objets de Mickaël partout dans l’école, de la classe à la cantine, du jardin jusqu’au préau et je me suis approchée de lui pour encore mieux l’entendre. Et quand je n’entendais pas bien, ses camarades m’aidaient car entre enfants on se comprend parfois mieux.

J’ai envoyé ses messages à d’autres adultes dont le travail est de protéger les enfants maltraités. C’est un long chemin mais au bout de ce chemin il y a une prairie sereine et paisible dans laquelle on se sent en sécurité.

Mickaël est parti dans une nouvelle école où il a continué, sans se décourager, à semer ses affaires et à laisser des traces dans les couloirs et dans les cœurs.

A force d’avancer et d’être accompagné par ceux qui ont entendu son message, il est arrivé au bout de son chemin et il est maintenant entouré d’adultes qui prennent soin de lui et qui aident ses parents à l’aimer sans le blesser.

Si vous vous aussi vous rencontrez un Petit Poucet, sachez que vous pouvez l’aider : il suffit d’être son ami, beaucoup, et son messager, un peu.

Petit mémo pour Petits Poucets perdus dans les écoles.

- Les adultes à qui parler : les maîtres et les maîtresses, le directeur ou la directrice, les animateurs et les animatrices, le ou la psychologue scolaire, tout adulte avec lequel on se sent en confiance

- Le numéro de téléphone pour appeler des adultes spécialisés dans les messages d’enfants maltraités : 119 (numéro gratuit)

- Ne pas se décourager, continuer à envoyer des messages pour sortir de la forêt

- Se rappeler tout le temps qu’on est un enfant et que ce sont les adultes qui doivent prendre soin de nous

Commentaires

  • Aurélie
    • 1. Aurélie Le 25/11/2020
    Bonjour,

    c'est une très belle histoire écrite avec beaucoup de finesse et de sensibilité ! A faire découvrir à tous les enfants...et si je deviens Maîtresse elle sera dans ma classe ! En attendant je la ferai découvrir à mes enfants :-)

    Merci pour votre blog et bravo !
    Aurélie
    • chloecole
      • chloecoleLe 25/11/2020
      Merci beaucoup pour ce retour :)
  • Charlotte
    • 2. Charlotte Le 18/11/2020
    Ma maman c'est la meilleure écrivaine au monde

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